La marche chrétienne tire sa source dans la victoire déjà acquise du Seigneur Jésus-Christ sur le monde. Dieu nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété, puis il nous a équipés d’armes puissantes pour demeurer dans cette victoire. Pourtant, certaines pensées peuvent s’installer si profondément qu’elles finissent par se confondre avec notre propre regard sur la vie de victoire que nous avons reçue en Christ. Elles deviennent des évidences à partir desquelles nous nous définissons, nous envisageons l’avenir et nous interprétons les circonstances qui nous entourent. La Parole de Dieu vient exposer ces constructions devenues familières et nous donne les moyens de les renverser, afin que la vérité de Dieu reprenne toute sa place dans notre manière de penser, de parler et de vivre cette vie.
Lorsque l’apôtre Paul parle des armes du chrétien, il affirme qu’elles sont « puissantes par Dieu pour renverser des forteresses ». Le chrétien a donc été équipé pour faire tomber ce qui s’est installé et enraciné dans sa vie au point de paraître imprenable. La puissance nécessaire à ce combat lui a déjà été donnée par Dieu.
Paul précise ensuite le terrain sur lequel cette puissance doit s’exercer. Il parle des raisonnements, de tout ce qui s’élève contre la connaissance de Dieu, puis des pensées qu’il faut amener captives à l’obéissance de Christ. La forteresse apparaît ainsi comme le résultat d’un processus intérieur : une pensée est accueillie, puis elle nourrit un raisonnement. Lorsque ce raisonnement contredit ce que Dieu a révélé, il façonne peu à peu la manière de voir, d’interpréter et de réagir. À force d’être entretenu, il devient un mode de fonctionnement.
On ne le perçoit alors plus comme une pensée que l’on pourrait examiner ou remettre en cause. On voit désormais les choses à travers lui. Il dirige les attentes, les paroles, les réactions et les décisions. Il agit comme une vérité déjà établie, alors qu’il s’est construit en dehors de ce que Dieu a dit.
1. Toute forteresse commence par une pensée à laquelle on a permis de devenir une image intérieure

